
Cet article est paru originalement dans la revue Nutrition – Hiver 2025
Introduction
L’insécurité alimentaire constitue un problème préoccupant, en particulier pour les personnes ayant une déficience intellectuelle (1-3). Cette vulnérabilité résulte entre autres de plusieurs facteurs intrinsèques liés au handicap intellectuel, tels que des limitations cognitives et fonctionnelles qui compliquent l’accès et la gestion des ressources alimentaires (4, 5). Des facteurs systémiques supplémentaires, comme la difficulté d’accès à un emploi stable et bien rémunéré (6, 7), des programmes éducatifs insuffisants pour développer une autonomie en matière d’alimentation ou de compétences à la vie quotidienne (8, 9), ainsi que la discrimination, la stigmatisation et le manque de soutien social (6, 10), contribuent également à la précarité alimentaire des personnes ayant une déficience intellectuelle.
La littératie alimentaire représente un aspect important de l’insécurité alimentaire chez les personnes ayant une déficience intellectuelle (11). Il est courant que ces personnes rencontrent des difficultés dans la compréhension des informations nutritionnelles, la gestion du budget alimentaire et la planification des repas, ce qui les expose à un risque élevé de malnutrition ou de carences alimentaires (12, 13). En réponse à ces difficultés, ces personnes doivent souvent développer une large variété de stratégies d’adaptation pour améliorer leur situation alimentaire (14).
Au Québec, divers organismes publics et communautaires s’attaquent à l’insécurité alimentaire affectant spécifiquement les personnes ayant une déficience intellectuelle. De nombreux services d’adaptation et de réadaptation sont offerts dans les CI(U)SSS du Québec, où des éducateurs spécialisés et parfois des diététistes-nutritionnistes utilisent des stratégies telles que l’emploi d’aides visuelles ou verbales pour la planification des repas, l’élaboration de budgets alimentaires, l’éducation aux saines habitudes de vie, ainsi que la participation à des activités de groupe visant à renforcer les compétences alimentaires. Parallèlement, plusieurs organismes communautaires proposent des cuisines collectives, offrent un accompagnement pour l’inscription à des programmes communautaires tels que les banques alimentaires ou travaillent à la défense des droits des personnes ayant une déficience intellectuelle.
L’adoption de ces stratégies peut améliorer de manière significative la sécurité alimentaire et le bien-être général des personnes ayant une déficience intellectuelle. Toutefois, il est pertinent de se demander si les interventions actuelles sont en adéquation avec les stratégies mises en place directement par les personnes ayant une déficience intellectuelle pour faire face à l’insécurité alimentaire. Il nous semble important de valoriser l’autonomie et l’autodétermination de ces personnes, en intégrant leurs perspectives et en soutenant leurs initiatives personnelles pour surmonter l’insécurité alimentaire.
Méthodologie
Participants, recrutement et échantillonnage
La présente étude a pour objectif de mieux comprendre les stratégies mobilisées par les personnes ayant une déficience intellectuelle afin de surmonter l’insécurité alimentaire. À cette fin, une collecte de données a été réalisée auprès d’adultes francophones ayant une déficience intellectuelle et recevant des services de réadaptation au sein de la communauté. Afin d’être considérés pour inclusion dans l’étude, les participants devaient assumer la responsabilité de leur alimentation en assurant leurs propres achats alimentaires. Un achat alimentaire étant défini comme tout achat permettant au participant de se nourrir et lors duquel ce dernier fait face à un éventail de produits qu’il peut choisir (par exemple, faire son marché ou se rendre au restaurant).
Le présent projet de recherche, réalisé au sein d’un centre offrant des services de réadaptation aux personnes ayant une déficience intellectuelle, a reçu l’approbation du comité d’éthique de la recherche de cet établissement.
Le projet a d’abord été présenté à plusieurs équipes d’intervenants de ce centre. En se basant sur une méthode combinée d’échantillonnage de commodité et en boule de neige, il a été demandé aux intervenants d’identifier des usagers susceptibles d’être intéressés à participer au projet de recherche et répondant aux critères de sélection. Les intervenants avaient la responsabilité d’inviter personnellement les usagers identifiés à participer au projet. Lorsque l’intérêt de ces personnes fut confirmé par leurs intervenants, le chercheur prit ensuite contact afin de fixer une date de rencontre au domicile des usagers (ou un autre lieu de leurs choix) où le projet leur a été expliqué en plus amples détails. À la suite de l’obtention du consentement, le chercheur et les participants déterminaient conjointement une date où était effectuée l’entrevue et la période d’achat cible qui a fait l’objet de l’observation. Au total, 7 personnes ont participé à ce projet de recherche.
Méthodes employées
Les méthodes de collecte des données sont au nombre de deux: une entrevue semi-dirigée suivie de l’observation de l’achat alimentaire planifié. L’entrevue semi-dirigée permet au chercheur de se familiariser à la situation résidentielle, socioéconomique et alimentaire des participants et également d’établir un lien de confiance avec ces derniers. En effet, il est reconnu dans la littérature scientifique qu’un participant peut modifier son comportement et ses habitudes en raison d’un biais de désirabilité associé au sentiment d’être surveillé ou évalué. Les entrevues avaient une durée approximative de 45 minutes et étaient enregistrées par un médium audio, puis retranscrites sous forme de verbatim. Ces entrevues étaient composées de questions ouvertes et fermées. Les questions fermées étaient principalement utilisées lorsqu’il était difficile pour les participants de répondre aux questions ouvertes ou lorsqu’ils éprouvaient de la difficulté à structurer leur réponse à une question plus complexe.
Après avoir répondu aux questions de l’entrevue semi-dirigée, le chercheur a accompagné les participants au lieu planifié de leur achat alimentaire. Durant la période d’achat, le chercheur est devenu un témoin privilégié des comportements des participants en les observant lors de la réalisation de leur achat alimentaire. Méthodologiquement, l’observation en situation permet au chercheur d’adopter plusieurs rôles. Dans le cadre du présent projet de recherche, le chercheur a adopté un rôle d’observateur participant. Ce rôle a permis au chercheur d’être connu des participants et de participer passivement à l’achat alimentaire.
Ce rôle d’observation passive permet de poser de questions aux participants lors de la situation de façon à préciser ses observations. En revanche, il ne permet pas au chercheur de porter assistance aux participants lors de leurs achats. La période d’observation a débuté dès la fin de l’entrevue et s’est terminée au retour des participants à leur domicile. Afin de réaliser ses observations, le chercheur a utilisé une grille d’observation systématique ainsi qu’un cahier d’observation. De plus, du fait que plusieurs actions et choix peuvent être rapidement exercés, un appareil d’enregistrement audio situé sur le chercheur lui a permis de prendre des notes verbales lors des observations.
Analyse des données
Une analyse thématique a été effectuée afin de permettre l’exploration des données et d’en faciliter leur interprétation. Un processus de codification favorisant l’émergence de thèmes et de sous-thèmes a été réalisé via NVivo® par l’inventaire exhaustif des données issues de l’entrevue semi-dirigée, du cahier et de la grille d’observation systématique, ainsi que du journal de bord du chercheur.
Résultats
Stratégies adaptatives
Un élément transversal à l’ensemble des participants est la mise en place de mécanismes d’adaptation à l’insécurité alimentaire vécue. Souvent limités par des contraintes économiques, les participants ont de ce fait développé des compétences ou des moyens afin de répondre à leurs besoins nutritionnels et leur préférence alimentaire sans avoir à modifier leur budget. Les stratégies identifiées ont été classées en trois catégories: les stratégies impliquant la littératie alimentaire, les stratégies s’appuyant sur le réseau social et les stratégies impliquant l’environnement alimentaire et la communauté.
Stratégies impliquant la littératie alimentaire
La stratégie la plus fréquemment mise en place auprès des participants est le développement de leur littératie alimentaire, spécialement les connaissances et habiletés relatives à la planification de leurs achats alimentaires. Lors de leur approvisionnement alimentaire, l’ensemble des participants s’est employé à chercher les produits alimentaires au rabais, ainsi qu’à comparer des produits similaires entre eux pour évaluer le rapport quantité/prix. La moitié des participants planifiait également leur liste d’achat en fonction des rabais identifiés au sein des circulaires. Deux participants comparaient également les circulaires pour identifier l’endroit où un certain produit alimentaire était plus accessible, même s’il s’agissait d’une pharmacie. En complément, un participant a choisi de développer ses habiletés culinaires en s’inscrivant régulièrement à des cours de cuisine communautaires. Il mentionne notamment y avoir appris comment cuisiner le tofu, un aliment qu’il n’avait auparavant jamais consommé. Ce participant affirme d’ailleurs avoir choisi un cours de cuisine végétalienne pour apprendre à cuisiner à plus petit coût puisque la viande est dispendieuse.
Stratégies s’appuyant sur le réseau social
D’autres stratégies d’adaptation sont également mises en place avec l’appui du réseau social, particulièrement familial, des participants. La préparation, puis le don de mets pré-préparés était une pratique commune. Deux participants recevaient aussi de la viande de leur famille qui l’achetait en plus grande quantité et la séparait ensuite pour la congeler et leur offrir. Lorsque les participants résidaient dans un milieu désigné pour personnes ayant une déficience intellectuelle, un système de partage était généralement présent. Notamment, l’un des participants bénéficiait du soutien d’une banque alimentaire. Lorsque des aliments qui ne lui plaisaient pas lui étaient offerts, ce dernier les acceptait tout de même et les offraient à sa conjointe ou à ses voisins. De même, lorsque l’un des participant achetait un nouveau produit alimentaire et que ce dernier lui déplaisait, ou lorsqu’un aliment était sur le point d’expirer, il l’offrait alors à son entourage immédiat. Un système de troc et d’échange alimentaire informel étaient alors mis en place et entretenu par les résidents de ces milieux de vie.
Stratégies impliquant l’environnement alimentaire et la communauté
Les stratégies d’adaptation les plus créatives impliquaient la communauté et l’environnement alimentaire des participants. Des ressources communautaires d’assistance à la sécurité alimentaire telles que des banques alimentaires, des repas communautaires ou des cuisines collectives étaient employées par la moitié des participants. L’un des participants a également mentionné avoir changé d’emploi puisque son travail actuel lui fournissait des avantages sociaux alimentaires, spécifiquement des repas payés lors de ses quarts de travail. La plupart des participants avaient également souscrit à des programmes de fidélisation de la clientèle de grands supermarchés. Cela leur permettait de s’offrir des « aliments extra[ordinaires]» lorsqu’ils recevaient un rabais à la suite de leurs achats répétés. Des stratégies d’adaptation plus avancées étaient aussi mises en place et tiraient profit au maximum de l’environnement alimentaire des participants. Par exemple, certains employaient un raisonnement axé sur les gains en calculant qu’en investissant dans un laissez-passer estival d’un parc d’attraction et qu’en profitant du rabais offert par leur programme d’accessibilité, ils auraient alors accès à des repas et consommations offertes, et ce quotidiennement. D’autres participants profitaient de services comportant des avantages secondaires de nature alimentaire. Notamment, un participant se rendait au casino chaque semaine pour profiter des stations de boissons gazeuses offertes gracieusement. De même, un autre participant prenait le maximum de sachets de condiments offerts gracieusement à la suite de l’achat d’un produit alimentaire, par exemple un hot dog, dans certains supermarchés ou restaurants à restauration rapide. Ces condiments étaient ensuite entreposés par le participant pour usage ultérieur. Ces stratégies font preuve d’ingéniosité, mais témoignent également de la mobilisation de stratégies de survie en matière d’alimentation.

Tableau 1
Catégorisation des stratégies mises en place par les participants pour s’adapter à leur budget alimentaire
| Stratégies impliquant la littératie alimentaire | |
| Recherche des produits alimentaires au rabais | Chercheur : Et tu fais ta liste d’épicerie avec la circulaire ? Regardes-tu les rabais ? Participant : Oui ! Je regarde. Je fais ma liste d’épicerie en fonction de ce qu’il y a dans la circulaire. Chercheur : Et tu vas l’acheter à l’épicerie ou ailleurs ? Participant : Quelques fois à la pharmacie. S’il y a des choses, comme le thon en conserve, qui à l’épicerie était plus cher, mais je peux l’avoir à la pharmacie. Je vais l’acheter à la pharmacie. |
| Développement de compétences culinaires |
Participant : Depuis la vingtaine, j’ai commencé mes cours de cuisine. |
| Stratégies s’appuyant sur le réseau social | |
| Soutien alimentaire familial | Participant : Oui. Je vais te donner un exemple. Ma mère… ma mère, elle m’aide beaucoup. Elle me fait des sauces à spaghetti. Éducateur : Est-ce que tu as encore des plats de ta mère ? Participant : Non. Éducateur : Ta mère a arrêté de te faire des plats ? Participant : Oui. Il n’y en a plus. Éducateur : Parce qu’au début sa mère avait beaucoup beaucoup de plats congelés et elle lui en apportait toutes les semaines. Mais un moment donné, il n’y en a plus hein ? Participant : Mais là tous les plats sont rendus ici ! |
| Achat ou préparation alimentaire en groupe |
Chercheur : Et ça fonctionne comment la cuisine collective ? Tu y vas toutes les semaines ? Note du journal d’observation : |
| Partage et échange de produits alimentaires |
Chercheur : Et j’ai vu que tu avais eu de la salade à la banque alimentaire ? |
Tableau 1
Catégorisation des stratégies mises en place par les participants pour s’adapter à leur budget alimentaire
| Stratégies impliquant l’environnement alimentaire et la communauté | |
|---|---|
| Ressources communautaires | Chercheur : Tu vas chercher tes aliments où ? Participant : Tous les quinze jours, je suis dans un groupe qui va à la banque alimentaire. |
| Emploi avec avantages sociaux de nature alimentaire | Chercheur : Tu apportes ça pour tes dîners au travail ? |
| Programmes de fidélisation des entreprises | Chercheur : L’épicerie à côté de chez toi tu me disais ? Participant : Oui. Avec l’épicerie aussi, j’ai reçu ça [montre un coupon rabais du programme de fidélité]. Chercheur : Ah oui, tu reçois de l’argent par la poste ? Participant : J’ai déjà reçu 5 $ ! Participant : J’ai ma récompense que je vais pouvoir utiliser aussi, ça tombe bien ! J’ai 8 dollars de récompense ! [référant au coupon rabais fidélité] |
| Raisonnement axé sur les gains | Participant : J’utilise ça. [Présente un laissez-passer pour les restaurants d’un parc d’attraction] C’est mon dîner, souper et collation. |
| Utilisation de services comportant des avantages secondaires | Employé de l’épicerie : Lui, il met de la mayonnaise partout. Quand il vient, il prend un million de sachets de mayonnaise et de ketchup. |
Discussion
Les résultats de ce projet de recherche mettent en lumière la diversité et l’ingéniosité des stratégies adaptatives employées par les personnes ayant une déficience intellectuelle pour répondre
à l’insécurité alimentaire en dépit de contraintes financières. Les participants ont mis en place des mécanismes d’adaptation qui leur permettent de répondre à leurs besoins et préférences alimentaires, plus souvent énergétiques que nutritionnels, sans modifier considérablement leur budget.
La littératie alimentaire représente une approche clé dans la gestion des ressources alimentaires. Les participants ont démontré une capacité à optimiser leur budget alimentaire en utilisant des compétences telles que la recherche de produits en promotion, la comparaison des prix et la planification des achats en fonction des opportunités économiques. Ces pratiques indiquent non seulement une compréhension accrue des aspects économiques de la gestion alimentaire, mais aussi une capacité à adapter leurs comportements d’achat en fonction des conditions du marché. En développant des compétences en littératie alimentaire, les participants parviennent à maximiser l’utilisation de leurs ressources limitées, ce qui est essentiel pour répondre à leurs besoins nutritionnels tout en respectant leur budget.
Le soutien du réseau social, notamment familial, apparaît comme un facteur crucial dans l’adaptation alimentaire des participants.
Les interactions sociales jouent un rôle central en fournissant un soutien matériel et relationnel, tout en facilitant l’accès à des ressources alimentaires supplémentaires. Les pratiques de partage et d’échange au sein de la communauté, ainsi que les contributions familiales ou l’achat d’aliments en groupe, soulignent l’importance des relations interpersonnelles dans la gestion des contraintes alimentaires. Ce soutien social aide non seulement à pallier les difficultés alimentaires, mais renforce également la cohésion sociale et le bien-être communautaire des participants. Il est essentiel de reconnaître l’importance de ces réseaux sociaux comme un complément aux ressources formelles dans la gestion de l’insécurité alimentaire.
Les stratégies impliquant l’environnement alimentaire et la communauté révèlent une grande créativité et une exploitation maximale des ressources disponibles. Les participants ont recours à des banques alimentaires, des repas communautaires et des cuisines collectives, démontrant une capacité à intégrer les ressources communautaires dans leur gestion alimentaire quotidienne. L’utilisation de programmes de fidélisation et la recherche d’avantages secondaires, tels que les repas ou les boissons gratuits offerts lors de certaines activités, témoignent d’une approche stratégique et pragmatique pour maximiser les avantages économiques disponibles. Ces stratégies, bien qu’innovantes, illustrent également une forme de survie alimentaire, où chaque opportunité est exploitée pour atténuer les contraintes financières associées à l’alimentation.
Pertinence pour la pratique en nutrition
En somme, les résultats de ce projet de recherche mettent en évidence la capacité des personnes ayant une déficience intellectuelle à élaborer des stratégies adaptatives efficaces face à l’insécurité alimentaire. Cependant, ces stratégies révèlent également une dépendance importante à des mécanismes de soutien informels et communautaires, ainsi qu’une gestion souvent axée sur la survie plutôt que sur le bien-être ou un état nutritionnel optimal. Pour améliorer davantage la sécurité alimentaire de ces individus, il serait bénéfique d’intégrer des approches qui valorisent leur autonomie et leur autodétermination, tout en renforçant les ressources et les soutiens disponibles pour une gestion alimentaire plus durable et épanouissante.
Les diététistes-nutritionnistes travaillant auprès des personnes ayant une déficience intellectuelle sont invités à adopter une approche centrée sur les forces, qui vise à valoriser les compétences et les capacités déjà présentes chez les personnes ayant une déficience intellectuelle (15). Plutôt que de se focaliser uniquement sur leurs limitations, cette approche met l’accent sur ce qu’elles sont capables de faire et sur les succès qu’elles ont déjà obtenus dans la gestion de leur alimentation. Les diététistes-nutritionnistes peuvent ainsi bâtir sur ces forces pour renforcer la confiance et l’autonomie des individus, en leur proposant des interventions personnalisées et progressives qui prennent en compte leurs réussites passées. Cela permet de créer un environnement d’apprentissage positif et stimulant, où les compétences en littératie alimentaire peuvent être développées à partir des capacités existantes, favorisant ainsi un meilleur engagement et une plus grande réussite à long terme. À cet effet, les compétences en planification des achats, en comparaison des prix et en gestion du budget alimentaire semblent particulièrement soutenir le développement d’une autonomie alimentaire.
De même, les résultats de notre recherche suggèrent l’importance pour les diététistes-nutritionnistes de prendre en compte l’importance du soutien social et communautaire. Les réseaux familiaux et les ressources communautaires jouent un rôle crucial dans l’adaptation alimentaire des personnes avec une déficience intellectuelle.
Ils devraient promouvoir et faciliter l’accès à des ressources communautaires telles que les banques alimentaires et des repas collectifs. De plus, la mise en place de réseaux sociaux, tels que des groupes de soutien ou d’échanges, semble jouer un rôle déterminant pour favoriser des interactions sociales positives et ainsi consolider les stratégies d’adaptation alimentaire.
Enfin, il est essentiel d’aborder l’environnement alimentaire de manière créative et adaptative. Les diététistes-nutritionnistes gagnent à être conscients des différentes façons dont les individus tirent parti des ressources disponibles, que ce soit à travers des programmes de fidélisation, des avantages secondaires ou d’autres opportunités économiques. En intégrant ces éléments dans leurs évaluations et recommandations, les diététistes-nutritionnistes peuvent mieux soutenir les personnes ayant une déficience intellectuelle dans la gestion de leur alimentation et dans la promotion de leur bien-être nutritionnel.
À propos des auteures

Maxime Banville, Dt.P, Ph. D.(c)
Adresse de correspondance :
[email protected]
Candidat au doctorat, Département
de nutrition, Université de Montréal
Diététiste-nutritionniste, Programme DI-TSA-DP,
Direction des programmes en déficiences et de
la réadaptation physique, CISSS des Laurentides

Pierre Pariseau-Legault,
inf., Ph. D., LL. M.
Professeur agrégé, Département des
sciences infirmières, Université du
Québec en Outaouais
Chercheur régulier et responsable
du champ « Droit(s) et justice »,
Centre de recherche de Montréal
sur les inégalités sociales, les
discriminations et les pratiques
alternatives de citoyenneté
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