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    Puisqu’une ordonnance figure déjà au dossier du patient pour la même condition, la diététiste peut prescrire, ajuster ou prolonger les formules nutritives ou le matériel d’alimentation entérale pour le patient. Le fait d’offrir les soins au patient à partir d’un autre programme n’élimine pas l’ordonnance initiale du médecin qui indique que la nutrition constitue un facteur déterminant dans le traitement de sa maladie, et ce, dans un souci de continuité de soins à la population. La diététiste-nutritionniste doit s’assurer d’obtenir en tout temps l’actualisation de la condition médicale du patient.

    Comme la diététiste-nutritionniste est en présence d’une ordonnance, elle est autorisée à prescrire des vitamines et minéraux. Par contre, dans ce cas-ci, la diététiste a reçu une ordonnance pour le traitement de conditions cardiovasculaires, un diagnostic qui n’est pas lié à la prise de calcium et de vitamine D. La diététiste doit donc obtenir, au préalable, l’évaluation médicale du patient. Si l’évaluation nutritionnelle révèle un risque de carence pour ces deux nutriments, mais qu’aucun diagnostic d’ostéoporose ou autre condition justifiant la prise de ces nutriments, la diététiste-nutritionniste ne peut prescrire des vitamines et minéraux. Si, par contre, la condition a déjà fait l’objet d’un diagnostic, la diététiste-nutritionniste peut initier, ajuster ou prolonger l’ordonnance de calcium et vitamine D. Lorsque la diététiste prescrit la prise de vitamines et minéraux, elle doit informer les professionnels concernés et consigner le tout dans son dossier. Comme le patient a été référé par le médecin du GMF, ce dernier devrait être informé de l’ajout de ces médicaments au profil du patient afin de faire le suivi approprié, le cas échéant.

    Les probiotiques et les oméga-3 sont considérés comme des produits de santé naturels selon la Loi sur les aliments et drogues. Ils ne sont donc pas visés par les produits et substances qui peuvent être prescrits en vertu du Règlement. Par ailleurs, puisque ces produits sont vendus sans ordonnance, les diététistes peuvent recommander à leur patient d’en consommer, si elles jugent que le produit est pertinent, apporte une valeur clinique ajoutée et que les bienfaits ou l’efficacité sont soutenus par les données de la science.

    L’autorisation d’activités aux diététistes-nutritionnistes ne vise pas à se substituer aux rôles ou fonctions d’un autre intervenant ou professionnel au sein de l’équipe. Si l’administration de médicaments n’a aucun lien avec la détermination du plan de traitement nutritionnel ou la surveillance de l’état nutritionnel, la diététiste ne doit pas procéder à l’administration de médicaments. Par contre, la diététiste ne devrait pas laisser le jeune homme seul sans s’assurer qu’il puisse prendre sa médication si celle-ci est importante. En cas de doute, la diététiste peut communiquer avec le pharmacien, l’infirmière ou tout autre professionnel au dossier afin de déterminer l’intervention la plus appropriée et les moyens d’éviter qu’une telle situation se reproduise.

    Tout d’abord, la diététiste doit indiquer au dossier le nom des médicaments prescrits qu’elle a administrés, ainsi que son opinion professionnelle quant à la capacité de déglutition du patient et les impacts ou les risques sur sa santé et sa sécurité. La diététiste-nutritionniste devra ensuite communiquer avec le médecin traitant ou le médecin spécialiste qui a émis l’ordonnance. De plus, le pharmacien devra être avisé afin de pouvoir conseiller le médecin quant aux alternatives et aux formes de médicament les plus appropriées ou, éventuellement, afin de pouvoir lui-même les modifier. Si la sécurité du patient est compromise dans l’immédiat, la diététiste doit faire ces interventions rapidement. Elle est responsable de la situation jusqu’à ce qu’elle se soit assurée qu’un suivi approprié à ses interventions sera donné.

    L’interdisciplinarité doit être prônée tout au long du continuum de services offerts au patient. Selon l’organisation et les ressources disponibles dans le milieu de travail, il est possible que les différents professionnels qui peuvent être impliqués en cas de dysphagie ne soient pas tous présents au moment de l’évaluation de la déglutition, qu’elle soit au chevet ou instrumentale. Dans de tels cas, la diététiste-nutritionniste aura avantage à discuter avec ses collègues afin de déterminer au préalable les objectifs de l’examen et ainsi s’assurer de l’efficience de son déroulement. Les mêmes principes s’appliquent à la suite de l’examen pour la communication des résultats et la détermination d’un plan d’intervention interdisciplinaire.

    La diététiste-nutritionniste est responsable du suivi de ses interventions en tout temps. Elle ne peut poser des gestes sans prévoir le suivi au préalable. Si aucun professionnel n’est disponible pour faire le suivi, vous devez éviter de retirer le tube en présumant qu’un autre professionnel dans un milieu inconnu assumera le suivi. Dans un tel cas, la diététiste-nutritionniste devrait discuter avec le gestionnaire responsable du programme et le médecin traitant qui a émis l’ordonnance afin de déterminer les solutions possibles et ce qui est le plus optimal et sécuritaire pour le patient.

    L’interdisciplinarité peut être plus complexe à mettre en œuvre lorsque les intervenants exercent dans des milieux différents. Dans ce cas-ci, la diététiste pourrait discuter en premier lieu avec l’infirmière, puisque cette dernière intervient fréquemment auprès du patient et sera concernée directement par le changement en suivant l’évolution de la courbe de croissance. Par la suite, la diététiste peut utiliser le formulaire de communication afin de transmettre le changement de prescription au pédiatre et à l’allergologue. Dans le cas d’une situation clinique plus complexe, la diététiste pourrait aussi communiquer directement avec le pédiatre ou l’allergologue afin de discuter du cas. Enfin, dans le cas où plusieurs professionnels et prescripteurs autorisés interviennent au dossier, il est important de faire une collecte d’informations complète et d’obtenir une évaluation médicale à jour de l’enfant. Ainsi, si des investigations ou examens sont prévus prochainement et pouvaient modifier le plan de traitement de la diététiste, celle-ci pourra mieux concerter et planifier son intervention.